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Quelques notes de lecture sur La Guerre des 6 jours, de Pierre Raoux, ed. Economica, recommandé par les contributeurs de Strategikon (www.strategikon.info)

Un bon texte en effet. Documente, sérieux, équilibré, et donnant la sensation de la plus grande objectivité.

Pierre Razoux décrit en détail la montée de la tension régionale et le positionnement agressif de l'Egypte, qui cherche a provoquer Israel, puis la surprise de cette même Egypte quand enfin les israéliens attaquent. Les enjeux diplomatiques, les forces en présence, les opérations - aériennes, terrestres, et même navales - sont couvertes exhaustivement.

On a l'image d'une guerre éclair, et c'en est une en effet, mais on découvre que presque tout de suite les égyptiens, les syriens, ont décidé de se replier. Une rupture au moral le 2eme jour qui ne peut être rattrapée que 3 jours plus tard - quand les israéliens sont déjà sur la Canal de Suez ou en haut du Golan. On voit aussi ici ou là les défenses opiniâtres des troupes arabes; le fait que l’aviation arabe, bien qu’étrillée au sol le jour 1, ait toujours des avions en l'air menaçants; les hésitations israéliennes avant l'attaque le Golan; qu'en 1967 une position fortifiée mais isolée ne tient pas mieux qu'un fort belge en 1940; etc.

Bref, on apprend énormément, on se remet les idées en place, tout pour satisfaire le lecteur. On perçoit également comment cette guerre est le dernier conflit "type 2 GM", avec batailles de chars, infanterie motorisée en soutien, et appui d'aviation. Et qu'il est donc difficile d'en tirer des leçons pour l'avenir. Les guerres suivantes seront des guérillas ou des engagements s'appuyant sur une technologie bien plus avancée.

Seules limites au texte, peut-être: autant la préparation au conflit, les forces en présence, les aspects diplomatiques, le détail du programme nucléaire israélien, sont intéressants, autant la description des opérations est-elle parfois répétitive (surtout quand on détaille un a un chacun des raids israéliens); et si on comprend que l'auteur prenne le plus souvent le point de vue des israéliens - puisqu'ils décident du rythme de ces journées - on sent en creux l'absence de données aussi claires côté arabe (ex: sur les conflits de commandements en Jordanie).