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Je viens de finir ce Tulard, livre que l’on qualifiera de superflu, bien que tout à fait sérieux.

Tulard est pour moi une référence avec son fondamental Napoleon ou le mythe du sauveur, dont les courts chapitres de 15 pages sont une synthèse pointue et vivante du personnage, le tout écrit dans un style heureux, et donnant l’impression, très loin du mythe, d’un Napoleon hésitant, imparfait.

Les grands moments d’un destin sont publiés 20 ans après. Tulard reprend la même forme de courts chapitres, mais pour tirer des instantanées de 50 moments clés de l’existence de l’Empereur. On ne voit pas tout de suite ce que cela va ajouter à la connaissance de Napoleon, d’autant que l’on garde l’impression, tout le long, que l’auteur écrit un livre de compromis plutôt que de synthèse. Un passage sur Joséphine, un sur la Corse, un sur Trafalgar, un sur Moscou etc. Chacun y trouvera son compte, sans que l’ensemble soit plus ordonné qu’un déballage de miniatures - chacune finement exécutée - posées en vrac sur la table.

Si le texte est bien écrit - sa seule faiblesse étant les transitions tentant de lier artificiellement les chapitres - on n’en sort pas moins avec une sensation de vide. On a lu quelques histoires, appris quelques anecdotes, déniché quelques raccourcis sur lesquels on pourrait ergoter. Mais on ne s’excitera pas pour si peu. Ce Tulard aurait-il été alimentaire?