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Ce petit livre d'une centaine de pages propose quelques éléments pour décider a priori des chances de succès d'une contre-insurrection. Clair et bien écrit, il est une sorte d'article un peu musclé apportant une brique à l'édifice doctrinal des guerres asymétriques.

L'auteur examine une dizaine d'exemples de guérillas plus ou moins réussies, en ajoutant aux incontournables Indochine-Algérie-Vietnam des cas allant de la Vendée jusqu'à l'Afghanistan soviétique en passant par la guerre du Rif. Ces études de quelques pages sont claires, synthétiques, objectives et dépassionnées. Elles se lisent sans mal, comme un résumé très bien construits des faits essentiels.

Se basant là-dessus, et se mettant dans la position d'un décideur devant choisir entre y aller ou non, l'auteur retient en gros quatre paramètres pour assurer le succès d'une contre-insurrection: qu'il y ait une densité de troupes suffisante pour quadriller la population, un chiffre de 4% semblant minimum (pour l'Irak, cela ferait plus de 600,000 hommes, mais on peut y inclure des auxiliaires locaux); que les insurgés soient hermétiquement isolés de tout soutien d'une puissance externe, et ce dès le début du conflit; que la contre-insurrection ait la possibilité d'une violence comparable à celle des insurgés (donc que, d'une façon ou d'une autre, son opinion publique la tolère); que le conflit soit d'emblée pensé dans la durée, en années et non en mois.

Le tout est un texte limpide et facile d'accès, dont l'ambition est juste de proposer une grille d'analyse inédite, comme un élément pour nourrir des thèses plus complètes, ou simplement pour éviter des contre-sens.