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Je me suis quelque peu fait avoir avec ce recueil de "documents originaux japonais" portant sur la deuxième guerre mondiale. Je m’attendais à des documents de la période elle-même - des textes de synthèse circulant en haut des hiérarchies militaires, par exemple -, mais je n’ai trouvé que de courts papiers écrits juste après-guerre par des observateurs distants, et incomplets et manquant de profondeur. Il est vrai que les sources originales, quand on en vient au Japon en guerre, sont limitées tellement les bombardements et les deux semaines d’autodafés de la deuxième moitié d’Août 1945 ont tout détruit.

En détails, ce volume reprend les documents originaux utilisés par Gordon Prange, qui a fait partie du staff de MacArthur après-guerre. Le bonhomme ne semble toutefois avoir été intéressé que par un seul sujet: Pearl Harbor, sa genèse, son exécution, ses suites immédiates. Il a écrit un livre sur le sujet, paru il y a plus de 30 ans. Le thème étant hyper rabâché, on lira avec plus d’intérêt les textes d’historiens, qui ont naturellement plus de recul, que les quelques considérations présentées ici (on sauvera néanmoins les extraits du journal de Kido, membre influent de la cour de Hiro-Hito, sur les intrigues politiques des 6 mois précédant Pearl Harbor).

Il n’y a rien de solide à se mettre sous la dent sur tout le reste, aussi bien pour l’avant-guerre que pour 1942 à 1945. On y trouve quelques considérations pas tout à fait inutiles sur les développements de la doctrine navale d’avant-guerre, l’essentiel étant sans doute le fait que c’est seulement en 1941, et à peine quelques mois avant de se lancer dans la guerre, que la marine japonaise donne un minimum de cohérence à son arme aéro-navale. Et une dizaine de pages sur l’arme sous-marine japonaise montrent surtout son insuffisance: seulement une quarantaine de submersibles pour couvrir le Pacifique, quand les allemands en ont construit des centaines sans parvenir à l’emporter dans l’Atlantique Nord...

Même s’ils avaient été annotés au lieu d’être bruts et un peu difficile d’accès à qui n’est pas très familier des acteurs et de l’ensemble des opérations du conflit, ces textes ne seraient sans doute pas digne d’intérêt pour un lecteur contemporain.